Pensées d'une défunte


Aube, dis-moi, te manquerais-je ?
Chaque jour, je te vois, je t’étreins,
J’expose à toi, mon visage terne, mes cernes,
Avant que tout ce qui vit ne voit ma peine.
Et je passe à toi, miroir, oh miroir si humble
Tu te pares de ma laideur infâme,
Pourtant muet, tu me racontes
Les vies de toutes celles que j’ai été,
Que tu estompes après, avec tes traces de buée.
Et de tout ce que j’ai, peut-être ce n’est
Qu’à vous que je manquerai.

Je vous le dis, j’ai tout cédé,
Mes luttes,
Mes amours blessés, cassés, guéris
A d’autres vies, à d’autres elles, chéries,

Je ramasse mon cœur morcelé,
Mes petits mots, mes pensées insensées
Les souvenirs de ceux qui m’ont oublié,
.. Je m’en vais préparer mon décès.




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3 commentaires :

  1. "Mais les poètes sont des individus qui sortent des rails de la raison, puisque d'une certaine manière, un peu d'eux commence à mourir alors qu'ils vivent encore. En cela, leur puissance est incroyable et ils apportent aux autres l'expérience de ce que tous vivront à la fin. Mais c'est ça l'enfer ! Il commence avant même que rien ne se soit passé, car l'esprit le porte à la façon d'un cancer de l'âme."
    Extrait d'une correspondance personnelle.

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    1. Un cancer incurable .. qu'ils invitent eux-mêmes à les dévorer des fois..
      Merci, poète.

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  2. Une année plus tard, je repasse par ici et je retrouve cette facilité d'expression, malheureusement entachée...
    Ce texte en particulier, très fort en sens et impressionnant de douleur, décrit une douleur ample et un désespoir incurable, plus même que le mal lui-même. Peut-être que là réside un souci que tu pourrais explorer et enlever... d'autant plus qu'au sujet de l'amour, rien n'est catégorique, là où j'en suis arrivé durant mes réflexions.
    J'espère que tu ne perdras pas espoir en l'amour, et sur cela, à la prochaine.

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